Le docteur a répondu

Que vous vous prépariez à arrêter ou que vous ayez cessé de fumer récemment, nous vous invitons à consulter les réponses de nos médecins à certaines questions posées par des participants lors des éditions passées. Évidemment, cette chronique ne couvre pas tous les sujets susceptibles de susciter des interrogations lorsque vous vivez une démarche de cessation. Nous vous invitons donc à consulter également les autres rubriques de ce site pour trouver les informations qui vous seraient utiles pour réussir votre Défi.

 

 

Qu’est-ce que le varénicline et comment fonctionne-t-il ?

Vendu sur ordonnance médicale seulement, le varénicline (Champix) – qui ne contient pas de nicotine – appartient à une nouvelle génération de produits d’aide à la cessation du tabagisme. Il agit sur les récepteurs de nicotine, situés dans le cerveau, en réduisant l’intensité de l’envie de fumer et des symptômes de sevrage de la nicotine et en diminuant la satisfaction ou l’effet de bien-être que procure la cigarette. Combinée à la motivation et à une bonne préparation, cette aide pharmacologique peut augmenter de façon importante les chances de réussir à écraser pour de bon et diminuer les risques de rechutes.

Votre médecin vous aidera par contre à choisir le traitement qui vous convient le mieux, en tenant compte de vos besoins, de votre état de santé, des contre-indications et des effets secondaires possibles.

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Comment dois-je prendre le varénicline ?

Si votre médecin vous a prescrit le varénicline (Champix), il est important avant tout de fixer une date à laquelle vous voulez arrêter de fumer. On recommande de commencer le traitement 1 ou 2 semaines avant cette date afin que la concentration du médicament soit suffisante dans votre organisme au moment où vous cesserez de fumer. Toutefois, chez certaines personnes, plusieurs semaines sont nécessaires avant que le varénicline ne fasse pleinement effet, il faut donc être patient et ne pas abandonner. Il est possible de prolonger le traitement, qui dure habituellement 12 semaines. Ce prolongement pourrait augmenter les chances de ceux qui ont réussi à renoncer au tabagisme de rester abstinents à long terme.

Les nausées comptent parmi les effets secondaires les plus signalés. Certaines personnes peuvent effectivement éprouver des nausées légères ou modérées à la prise de ce médicament, mais on peut en réduire les effets en le prenant avec un grand verre d’eau et un repas.

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Comment fonctionne le bupropion?

«Lorsqu'on se prête à des activités agréables, telles que manger ou socialiser, certaines parties du cerveau reçoivent de grandes quantités de dopamine, une substance chimique qui entraîne une sensation de plaisir. La nicotine contenue dans la cigarette augmente la concentration de dopamine dans le cerveau et c'est ce qui entraîne la dépendance à la cigarette. Quand on en est privé, on ressent des symptômes de manque.

Le bupropion (Zyban) diminue le goût de fumer en augmentant le niveau de dopamine dans le cerveau comme la nicotine. L'effet maximum est obtenu après une dizaine de jours de traitement. Si vous prenez du bupropion, vous pouvez continuer de fumer les dix premiers jours, mais il est important de fixer une date pour l'arrêt complet. Le jour où vous cesserez, vous pourrez ajouter au bupropion une thérapie de remplacement de la nicotine comme les timbres, la gomme, les pastilles ou l’inhalateur de nicotine (ex. : Habitrol, NicoDerm, Thrive et Nicorette). Cette combinaison d’aides permettra de limiter les malaises du sevrage.

Discutez avec votre médecin ou votre pharmacien des différentes aides à la cessation disponibles afin d'identifier le traitement qui vous conviendrait le mieux et rappelez-vous que la motivation reste l'ingrédient clé pour réussir.»

- Dr Marcel Boulanger, m.d.

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Le bupropion me donne des boutons dans la figure. Que faire?

«Il arrive que des rougeurs et des boutons se manifestent suite au simple fait de cesser de fumer. C'est sans danger et passager. Il se peut aussi que ce soit une réaction allergique au bupropion. Si la réaction est mineure, elle devrait bien se contrôler avec un antihistaminique comme Réactine, que vous trouverez sans ordonnance en pharmacie. Si le phénomène est marqué et persistant, il se peut qu'il faille mieux cesser de prendre du bupropion. Dans les deux cas, parlez-en à votre pharmacien qui pourra vous conseiller et vous référer au besoin à votre médecin traitant. Surtout n'abandonnez pas votre lutte contre la cigarette ! »

- Dr Marcel Boulanger, m.d.

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Est-ce que les traitements pour cesser de fumer sont remboursés par l’assurance médicament du Québec?

Le coût de la plupart des aides pharmacologiques, lorsqu’elles sont prescrites par un médecin, est remboursé par les régimes d’assurance public et privés. Informez-vous auprès de votre médecin ou de votre pharmacien ou consultez le http://www.ramq.gouv.qc.ca/fr/citoyens/assurancemedicaments/regimepublic/produitsantitabac.shtml.

Même si les timbres, la gomme et les pastilles sont vendus sans ordonnance, le traitement doit être prescrit par un médecin si on veut obtenir un remboursement d’un régime d’assurance.

- Dr Louis Gagnon, m.d., co-président d'ACTI-MENU

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Comment puis-je décourager mes enfants de devenir des fumeurs ?

« Les raisons qui incitent les jeunes à commencer à fumer sont variées, mais les études démontrent qu’ils risquent davantage de le faire si un de leurs parents fume. Ce risque diminue si leurs parents évitent de fumer en leur présence, par exemple dans la maison et dans l’auto, s’ils prennent clairement position contre le tabagisme, qu’ils soient fumeurs ou non, et s’ils discutent ouvertement avec leur enfant des méfaits du tabac et de la difficulté à s’en libérer. 

Misez donc sur la prévention. Discutez ouvertement du tabagisme, sans discours moralisateur. Ce sera évidemment plus facile si vous êtes non-fumeur. Si vous fumez, servez-vous plutôt de votre propre cas pour montrer la dépendance que le tabac entraîne. Procurez-vous de la documentation sur le tabagisme et utilisez-la en fonction de ce qui se passe autour de vous : la mort d'un parent, d'une personnalité connue où le tabac a joué un rôle, etc.

Demandez à vos jeunes de trouver une seule bonne raison de commencer à fumer. Faites preuve de vigilance : si leurs amis fument, les risques qu'ils commencent eux aussi sont plus élevés. Apprenez-leur à s'affirmer, à dire « non ». Il est particulièrement bête de fumer pour faire comme les autres ! Quelques affirmations pour soutenir la discussion : ce n'est pas être « trop jeune » que de refuser de s'empoisonner; c'est fou de payer quelqu'un (les compagnies de tabac) pour un produit qui rend malade; fumer, même si on le fait juste quelques fois, peut rendre accro. C’est facile de commencer, pas mal moins d’arrêter. Ouvrez le dialogue, c'est la clé ! »

- Dr Marcel Boulanger, m.d.

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Je crache de petites quantités de mucus depuis que j’ai cessé de fumer : dois-je m'inquiéter ?

« Il arrive chez certaines personnes qui cessent de fumer que la toux et les expectorations augmentent durant quelques jours après l'arrêt, parfois même pendant quelques semaines.

Même si cette situation est désagréable, vous n'avez pas à vous inquiéter. Plutôt que de vous décourager, voyez ces petits problèmes comme un signe que vos voies respiratoires se régénèrent et que les mécanismes de nettoyage physiologique de votre corps se rétablissent. Pour vous soulager, évitez l'air sec (vous pouvez vous procurer un humidificateur si nécessaire) et buvez plus de liquide, ce qui aidera à dégager vos voies respiratoires. Enfin, quels que soient vos petits ennuis passagers, ne vous laissez pas abattre et ne recommencez surtout pas à fumer ! »

- Dr Marcel Boulanger, m.d.

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Irritabilité, frissons, rire facile : pourquoi cette réaction ?

« Ne vous inquiétez pas : les symptômes devraient cesser après une courte période. En effet, lorsqu'on cesse de fumer, la diminution de la nicotine dans le sang peut entraîner certains malaises transitoires comme de la nervosité, de la difficulté à se concentrer, de la fatigue ou encore des troubles du sommeil. Ces symptômes varient selon les individus. Certaines personnes n'en ressentent à peu près pas alors qu'ils persistent pendant quelques jours, et même quelques semaines, chez d'autres. Le sevrage témoigne bien de la dépendance que cause la cigarette !

Les aides à la cessation (timbres, gomme, pastilles ou inhalateur de nicotine, varénicline ou bupropion) permettent d'atténuer ces symptômes de façon importante, surtout si vous fumez un paquet ou plus par jour. Vous ne devriez pas hésiter à en parler avec votre médecin ou votre pharmacien et utiliser une de ces aides qui augmenteront vos chances de succès. »

Pour en savoir plus sur les symptômes du sevrage, consultez la rubrique « Faire face au sevrage ».

- Dr Marcel Boulanger, m.d.

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Comment puis-je réduire les engourdissements au bras causés par les timbres de nicotine ?

« Posez plutôt le timbre sur votre tronc, loin de votre taille, dans la région lombaire par exemple. Cela devrait éliminer les sensations désagréables au bras. En ce qui concerne les effets secondaires, on a déjà rapporté des problèmes de sommeil lors de l'utilisation de timbres qui agissent pendant 24 heures. Le sommeil est plus agité, sans véritable insomnie. Ce phénomène est passager et sans danger.

On a aussi signalé des irritations de la peau causées par la colle du timbre; il est normal de voir des rougeurs persister pendant quelques jours dans la région où l'on a appliqué le timbre. C'est pourquoi on recommande de changer d'emplacement sur le corps chaque fois qu'on en applique un nouveau.

Ne vous inquiétez pas outre mesure : à ma connaissance, aucun effet secondaire grave n'est lié à l'utilisation des timbres de nicotine. Ils sont vos meilleurs associés actuellement et ne vous tromperont jamais comme la cigarette l'a fait. »

- Dr Marcel Boulanger, m.d.

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Insomnie et nausées. Combien de temps encore?

« Cesser de fumer, chez certaines personnes, provoque des effets physiques qui sont à la limite de la véritable souffrance. Au début, vous avez sommeil très tôt dans la soirée et vous dormez comme des marmottes. Après quelque temps - environ 7 à 10 jours - la situation se replace et, en général, les gens retrouvent un sommeil plus réparateur et se réveillent en meilleure forme le matin. Il est important au début du sevrage de s'imposer une certaine hygiène du sommeil : évitez l'alcool, le café et les colas en général après 16 h. Évitez aussi les exercices violents dans la soirée, ainsi que les films ou les lectures trop stimulants. Prenez un bain chaud et privilégiez une soirée calme autant que possible.
 

Dans quelques jours le tout devrait s'estomper. Il n'y a malheureusement pas d'autre chose à faire pour l'instant. Dites-vous que chaque jour qui passe vous rapproche d'une vie sans tabac, en santé. »

Pour en savoir plus sur les symptômes du sevrage, consultez la rubrique « Faire face au sevrage ».

- Dr Marcel Boulanger, m.d.

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Le sevrage est plus difficile de jour en jour. Pourquoi?

« Pour beaucoup de fumeurs, les premiers jours se passent facilement, car ils sont portés par l'énergie psychique engrangée pendant la préparation. Mais, rapidement, l'inconfort physique les ramène à la réalité : ils se mettent à rêver que la cigarette pourrait les soulager. Il n'y a alors qu'une chose à faire : résister ! Les aides à la cessation (timbres, gomme, pastilles ou inhalateur de nicotine, varénicline ou bupropion) pourraient vous permettre de contourner plus facilement ces problèmes physiques, ce qui augmenterait de façon importante vos chances de réussite et diminuerait vos risques de rechutes. Toutefois, le bupropion, par exemple, est reconnu pour causer de l'insomnie : il ne serait pas indiqué si vous avez de la difficulté à dormir. Si on ne l'a jamais essayé, on ne peut pas savoir si une aide à la cessation pourrait nous aider à retrouver le sommeil ou à chasser l'obsession. Pourquoi se priver d'outils qui pourraient nous faciliter la vie ?

Il faut aussi vous répéter continuellement les raisons qui vous ont motivé à cesser de fumer et visualiser la cigarette comme un ennemi qui fera tout pour retrouver l'emprise qu'elle a déjà eue sur vous. Alors patience, et dites-vous qu'il y a une vie après la nicotine. Près de 80 % de la population, que forment les non-fumeurs, le sait et en est la preuve ! »

Pour en savoir plus sur les aides à la cessation et le sevrage, consultez nos rubriques sur le sujet.

- Dr Marcel Boulanger, m.d.

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Je ressens des douleurs aux poumons. Est-ce normal?

« Contrairement à ce qu'on pourrait croire, il n'existe aucune terminaison nerveuse sensible à la douleur dans les poumons. C'est d'ailleurs ce qui explique qu'on peut les agresser pendant des années avec de la fumée irritante sans rien ressentir. Seule l'enveloppe extérieure des poumons (la plèvre externe) est sensible. Si vous avez des douleurs thoraciques persistantes et qui augmentent en intensité, ce serait une bonne idée de consulter votre médecin pour qu'il précise l'origine de vos douleurs. »

- Dr Louis Gagnon, m.d., co-président d'ACTI-MENU

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Combien de temps avant de retrouver des poumons roses?

« En cessant de fumer, les cils vibratils (de petits balais microscopiques qui nettoient les sécrétions bronchiques des poumons) se remettent très rapidement à fonctionner. La contraction des muscles se relâche, la respiration devient plus facile. Le risque de cancer du poumon revient près de celui de quelqu'un qui n'a jamais fumé sur une période de 7 à 15 ans, selon la quantité de cigarettes que vous avez fumée au cours de toutes ces années. On peut donc dire que c'est à peu près le temps qui sera nécessaire pour permettre à vos poumons de retrouver la santé… mais vous commencez sans doute dès maintenant à en profiter.»

Pour en savoir plus sur les avantages d’arrêter de fumer, consultez l’outil à télécharger «Le fruit de vos efforts».

- Dr Marcel Boulanger, m.d.

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Cesser de fumer a aggravé mon psoriasis. Que faire?

«Le psoriasis est une maladie que nous connaissons encore bien mal. Cette condition passe par des hauts et des bas. Rien ne permet de croire que le fait d'avoir cessé de fumer explique directement cette période d'exacerbation. Évidemment, il ne faut pas oublier l'aspect psychologique lié au deuil de cesser de fumer. Nous vous encourageons à apprécier le nombre de jours depuis lesquels vous êtes maintenant non-fumeur et à repenser à toutes les bonnes raisons qui vous ont amené à cesser. Sans aucun doute, les bénéfices que vous en tirez, particulièrement au point de vue santé, dépassent largement ce que vous vivez actuellement. »

- Dr Louis Gagnon, m.d., co-président d'ACTI-MENU

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