Le tabac tue? Rend malade? Cela, tout le monde le sait. Pourtant, malgré une diminution importante de l'usage de la cigarette au cours des dernières années, 16,7 %* des Canadiens et 17,8 %* des Québécois fument encore, même si près de 9 cas de cancer du poumon sur 10 sont directement attribuables à la cigarette, que les fumeursont environ 2 fois plus de risques de souffrir d'une maladie cardiovasculaire et que les décès causés par le tabagisme font perdre en moyenne 7 à 10 ans d'espérance de vie à chaque fumeur.
37 000 personnes meurent de tabagisme chaque année au pays. C'est plus que le total combiné des décès dus au suicide, au sida, aux collisions de véhicules et aux meurtres. De quoi remplir 700 autobus de voyageurs... ou plus de 1 000 autobus scolaires!
Environ le tiers de tous les décès dus au cancer, quel qu'en soit le type, sont directement causés par l'usage du tabac. En plus du cancer du poumon, la cigarette peut aussi être à l'origine des cancers suivants:
Il peut aussi jouer un rôle, entre autres, dans le cancer de l’intestin grêle, du rectum, du foie, de la cavité nasale et des sinus, du sein et des testicules.
Le tabagisme est un facteur de risque majeur de maladies cardiovasculaires. Le risque d'AVC (accident vasculaire cérébral ou paralysie) est en moyenne 50 % plus élevé chez les fumeurs que chez les non fumeurs. La bonne nouvelle, c'est que ce facteur est contrôlable, contrairement à d'autres facteurs comme l'âge ou l'hérédité. De plus, après un an sans fumer, le risque pour un ex-fumeur de souffrir d'une maladie cardiovasculaire aura chuté de moitié.
C'est en fumant avant leur majorité que bien des gens deviennent accros du tabac. Plus de 80 % des fumeurs réguliers allument leur première cigarette avant l'âge de 18 ans.
Un jeune de 15 ans qui commence à fumer et qui deviendra un fumeur régulier court deux fois plus de risques de mourir avant d'avoir atteint 70 ans que les jeunes de 15 ans qui ne fumeront jamais.
Au Québec, 14,3 %* des femmes de 15 ans et plus fument comparativement à 13.8 %* au Canada.
De nos jours, plus de Canadiennes meurent d'un cancer du poumon que d'un cancer du sein.
Le tabagisme augmente les risques de développer l’ostéoporose: d'une part, il accélère de un à deux ans l’arrivée de la ménopause et la perte de densité osseuse associée aux changements hormonaux de cette période; d’autre part, il augmente la perte de tissu osseux.
Fumer et prendre la pilule: une combinaison risquée. Les fumeuses qui utilisent des contraceptifs oraux sont plus susceptibles d'être victimes d'une crise cardiaque ou d'un accident vasculaire cérébral. On croit aussi que la cigarette peut aussi avoir des effets inhibiteurs sur leur fertilité.
Tabagisme et grossesse ne font pas bon ménage. Les preuves à cet effet s'accumulent depuis plus de 40 ans. Ainsi, plus la mère fume pendant la grossesse, plus la croissance du fœtus sera ralentie, plus faible sera le poids du nouveau-né et plus grand sera le risque de complications à la naissance.
Le syndrome de mort subite du nourrisson (MSN) est plus fréquent chez les bébés de mères fumeuses, qui sont aussi plus nombreux à souffrir d'otites, d'asthme et d'infections des voies respiratoires. Ils sont aussi plus susceptibles de connaître des problèmes de croissance.
Fumer semble également réduire la quantité de lait maternel produite par la mère et en altérer la qualité, ce qui peut entraîner un sevrage prématuré.
Au Québec, 21,4 %* des hommes de 15 ans et plus fument, comparativement à 19,7 %* au Canada.
L’usage du tabac peut provoquer des troubles érectiles et l’infertilité chez les hommes.
Pourquoi est-il si difficile de cesser de fumer? Parce que la nicotine crée une dépendance comparable à celle associée à l'usage de certaines drogues dures comme la cocaïne et l'héroïne. Des études ont démontré que des jeunes fumeurs peuvent éprouver des signes de dépendance à la nicotine de 2 à 15 jours seulement après la première cigarette. «Essayer juste un peu» comporte un réel risque de tomber dans le piège.
La fumée principale (celle qu'inhale le fumeur) et la fumée secondaire (celle qu'inhalent les gens autour de lui) contiennent plus de 7 300 substances chimiques, dont plus de 60 causent le cancer. S'asseoir à côté d'un cendrier où brûlent des cigarettes équivaut à s'installer en plein cœur d'un dépotoir de produits chimiques!
Les substances libérées par la cigarette sont plus nombreuses et tout aussi nuisibles pour l'environnement que les gaz d'échappement des voitures. En fait, sur notre planète bleue, la cigarette pollue autant que les automobiles.
La cigarette coûte cher et, malheureusement, ce sont souvent les gens les moins riches qui fument le plus et qui sont aussi les plus malades en raison de cette mauvaise habitude.
Selon le Centre national de documentation sur le tabac et la santé (CNDTS), les ventes de tabac et de cigarettes au Canada sont passées de plus de 71 milliards de dollars en 1981 à 35,6 milliards en 1993, pour se chiffrer en 1999 à 50,7 milliards de dollars. En 2002, elles avaient diminué à 41,4 milliards.
Les ventes de cigarettes témoignent aussi d'une réduction sensible du tabagisme québécois. De 1996 à 2001, elles ont baissé de 24 % au Québec.
Dans sa Stratégie nationale pour le contrôle du tabac au Canada, Santé Canada estime qu'au Canada, en 1993, la cigarette a coûté quelque 11 milliards de dollars à la société, dont 3 milliards dépensés en soins de santé directs (hospitalisation, soins médicaux). Les autres 8 milliards de dollars englobent les pertes de productivité et le revenu familial perdu suite à l'usage du tabac et à ses conséquences.
Selon Le Conference Board du Canada1, un employeur doit débourser en moyenne 3 400 $ de plus annuellement pour un employé fumeur que pour un employé non fumeur. Les coûts associés à la baisse de productivité due aux pauses cigarette chez un employé fumeur sont de 3 053 $ par année et ceux liés à la hausse de l’absentéisme, de 323 $.
*Ces données proviennent de l’Enquête de surveillance sur l’usage du tabac au Canada (ESUTC) 2010. [En ligne] Consulté le 7 décembre 2011.
http://www.hc-sc.gc.ca/hc-ps/tobac-tabac/research-recherche/stat/_ctums-esutc_2009/ann-fra.php#t2
1. Le Conference Board du Canada (2006). Smoking and the Bottom Line: Updating the Costs of Smoking in the Workplace. New York : Le Conference Board du Canada.